

Un séminaire atelier sur l’observation des élections a eu lieu ce 19 octobre 2024 au siège du DDH International de Yaoundé 5 au lieu dit Hôtel du plateau au quartier Essos. Selon *Simon Pierre NYANGA, Délégué de cette entité de promotion des droits humains,* l’objectif de cette action de formation est d’avoir sur le terrain de l’observation électorale des personnes capables de produire des rapports électoraux crédibles , pouvant effectivement faire de l’observation des élections un critère d’appréciation de niveau de crédibilité d’une élection.

La quarantaine de participants à ce séminaire atelier s’est abreuvée à la source d’une valeureuse jeune dame, enseignante associée à l’Institut Supérieur de Management Public (ISMP) et non moins cadre au Conseil Constitutionnel. Dr Stéphanie Blanche BELLA BILOA, puisqu’il s’agit d’elle, a fait sienne la définition de l’Institut International pour la Démocratie et l’Assistance Électorale pour dire que l’observation des élections est : ” la collecte délibérée de renseignements concernant un processus électoral et la formation de jugements éclairés sur la conduite de ce processus à partir de renseignements rassemblés par des personnes n’étant pas en soi autorisées à intervenir dans le processus et dont l’engagement dans la médiation ne doit pas nuire aux responsabilités premières en matière d’observation”.

Selon la facilitatrice de ce séminaire atelier sur l’observation des élections, il existe deux types d’observateurs électoraux à savoir : les observateurs nationaux qui résident dans le pays où se déroulent les élections, et les observateurs internationaux qui sont envoyés soit par leurs pays d’origine, soit par des organismes internationaux. Pour le spécifique des observateurs nationaux, Dr Stéphanie Blanche BELLA BILOA les a réparti en quatre catégories : les agents électoraux (les administrateurs électoraux nationaux, les agents de dépouillement des votes et des bureaux de vote, les agents électoraux nationaux…), les partis politiques, les médias locaux et les organisations non partisanes qui sont composées de groupes locaux d’observation s’intéressant plus à la conformité du processus électoral qu’aux résultats comme c’est le cas avec le DDH International Yaoundé 5.


“L’observateur a globalement pour rôle, de par l’effet dissuasif de sa présence, de veiller au bon déroulement du processus électoral. Par conséquent, sa mission qui s’effectue en principe sur l’étendue du territoire, doit couvrir l’enregistrement sur les listes électorales, la campagne électorale, le scrutin, le dépouillement et la proclamation des résultats”, a renseigné Dr Stéphanie Blanche BELLA BILOA, avant de préciser quelques facteurs à prendre en compte pour réussir une mission d’observation électorale : l’évaluation du contexte politique, social, culturel, économique et juridique du pays, le régime électoral, les partis politiques en lice, les médias, la description du scrutin (visite des bureaux de vote, contrôle de la régularité des scrutins, transparence, absence de fraude).


Comme l’a si bien souligné la facilitatrice de ce séminaire atelier sur l’observation des élections, l’observateur est un garant du respect de la démocratie, et à ce titre, certaines exigences s’imposent à lui pour asseoir sa crédibilité, notamment : l’impartialité et la neutralité, la facilité à travailler en équipe, une grande ouverture d’esprit dans la mesure où il est appelé à collaborer avec des personnes de pays, de milieux, de cultures différents ; une grande capacité d’adaptation, une excellente santé en rapport avec les conditions de vie parfois difficiles en période électorale, la discrétion du fait de l’impact politique de son intervention.


Dans le cadre du rappel du cadre juridique des élections au Cameroun, les participants ont été orientés prioritairement vers la Constitution du 02 juin 1972 modifiée et complétée par les lois N°96/06 du 18 janvier 1996 et N° 2008/001 du 14 avril 2008, la loi N°90/056 du 19 décembre 1990 portant création des partis politiques, la loi N°2012/001 du 19 avril 2012 portant Code électoral modifiée et complétée par la loi N°2012/017 du 21 décembre 2012, et la loi N°2019/005 du 25 avril 2019 qui énonce les dispositions communes et spécifiques aux élections présidentielle, sénatoriales, législatives, régionales, municipales, ainsi que les opérations référendaires.


Le séminaire atelier sur l’observation des élections organisé ce 19 octobre 2024 par la DDH International de Yaoundé 5 a aussi été l’occasion d’initier les participants à la rédaction du rapport post électoral. Ce document produit par les missions électorales ou par les observateurs envoyés par des institutions spécifiques , rend compte du déroulement général du scrutin et peut être orienté soit vers l’approbation du processus électoral quand il s’est déroulé dans la transparence et la légalité, soit vers la critique et la dénonciation en cas de violation des principes démocratiques. Ledit rapport peut contenir entre autres les sigles et les abréviations, les remerciements notamment à l’État (ses autorités, ses citoyens pour l’accueil et toutes les dispositions prises pour faciliter le travail), l’introduction, le contexte historique et politique, les observations pré-électorales, les observations du jour du vote, les observations post-électorales, la conclusion et les recommandations.


Un débat conclusif a permis à la facilitatrice d’évoquer la question du financement de l’observation des élections dans un contexte où l’État ne délivre que les accréditations. Les participants retiendront de cet échange que les financements de l’observation électorale sont de deux ordres, à savoir : les financements directs qui proviennent des institutions dont sont issus les observateurs, et les financements indirects qui peuvent provenir d’entités extérieures à l’institution qui envoie ses observateurs, à l’instar des partis politiques.
























*Suzanne NDJANA*
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