CamerounEconomie

L’hyper-inflation et la stagflation arriveront tôt ou tard

1- Le risque de l’ajustement successif versus ajustement global des prix

Faire deux augmentations des prix du carburant en l’espace d’un an est le résultat d’une politique économique mal anticipée. Le deuxième ajustement coûte plus cher en termes de pouvoir d’achat parcequ’on ajuste sur un prix en valeur absolue qui était déjà ajusté. Or, si on ajustait en février 2023 de 15%+15%=30%, l’ajustement se ferait sur  un prix en valeur absolue, mais là, on le fait successivement sur deux prix en valeur absolue. La conséquence est que dans l’ajustement global du super on aurait eu 822f le litre pendant que l’ajustement successif nous donne 840f le litre soit une double perte du pouvoir d’achat. Même chose avec le gasoil qui en ajustement global ou unique aurait donné 806f le litre, mais qui se retrouve à 828f par ajustement successif février 2024. Nous n’avons pas intégré les nouveaux travaux de recherche de Charbonnier (2020) sur l’ajustement des prix en période de crise…. c’est le problème !

2-L’alerte de l’économiste dans un article publié en 2023

“…J’ai théorisé cette crise conjoncturelle, je n’ai pas été écouté. J’ai théorisé dans un article publié en 2023 que nous aurons au moins 04 ans dans l’inflation(2023-2027) et que 2023 était la phase embryonnaire de la crise d’inflation et que fin 2024 et début 2025 seront la phase pré-asymptotique ou pré-asphyxiée de l’inflation et 2026 sera la crise de la stagflation….si çà perdure sans effet d’ajustement d’une politique économique choc, la crise économique arrivera vers 2028. Voilà les effets boomerang qui perdurent…
Nous n’écoutons pas les scientifiques. Nous écoutons plutôt les fonctionnaires de l’ENAM et autres. Ce sont eux qui pensent les modèles économiques du Cameroun. Les administrateurs civils ne pensent pas le développement dans des pays sérieux. C’est compliqué ce qui se prépare. Nous risquons l’hyper-inflation… Il faut écouter les experts pour qu’ils expliquent ce qu’il faut faire parfois…”

3-Recommandations

Il fallait faire un ajustement pondéré global qui a un effet moins significatif sur le pouvoir d’achat des agents économiques.

Tant que nous ne construisons pas trois mini-raffineries de technologie chinoise à un coût de 120 milliards en moyenne comme au Benin actuellement, pour trois zones géographiques(Le Septentrion, le Centre-Sud-Est, L’Ouest et Nord-Ouest, on ne sortira pas des tensions d’inflation des prix des produits pétroliers. Car, le Proche et le Moyen Orient sont en ébullition actuellement avec les frappes américaines en Syrie et en Irak, la guerre à Gaza pourraient entraîner un renchérissement des prix du baril et rendant davantage chères les importations des produits pétroliers du Cameroun qui sont dorénavant libéralisées avec les marketteurs et ces derniers auront besoin de faire des bénéfices et par conséquent feront un ajustement qui nécessitera encore une troisième augmentation. Il faut donc prier pour qu’il n’y ait pas une instabilité socio politique ou géopolitique dans les pays producteurs de pétrole dont nous dépendons pour les importations.

Il faut noter enfin que l’optimisation des recettes fiscales vers les agents économiques qui ne paient pas les impôts est plus efficace que cet ajustement successif des produits pétroliers et aussi, une défiscalisation  d’une partie de la fiscalité de porte ou fiscalité douanière sur les produits pétroliers doit être intégrée pour éviter d’avoir le prix du litre du carburant à 320f en incoterm Cost inssurance and freight (CIF) port de Douala ou port de Kribi pour qu’il se retrouve à la pompe à 840f le litre, c’est suicidaire pour le pouvoir d’achat des agents économiques.

Dr ONGUENE ATEBA
– Économiste et Logisticien des transports
– Enseignant Agréé à la Sorbonne Institut de Paris

Related Articles

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Back to top button