
C’est ce qui ressort de la descente faite ce matin au marché de Mvog Mbi à Yaoundé.
“Mariage carpes”, “mariage maquereaux dorés”, peut-on entendre ce matin dans un attroupement de femmes devant une poissonnerie de la place. Ça et là se trouvent des dames accroupies devant des tas de poissons d’égale grosseur. Toutes choses qui aiguisent la curiosité du reporter qui se rapproche à l’instant de Christine, une commerçante qui “opte” pour le “mariage carpes” et brandit sa contribution financière pour l’opération d’achat de poisson souhaité: “le mariage c’est que on mélange l’argent pour acheter le poisson au prix de gros. Si je veux dix kilos et toi dix kilos aussi, on mélange l’argent et on achète un carton de 20 kg qu’on se partage”, explique-t-elle.


Seulement, le partage du poisson dans le cadre du “mariage” ne se fait pas sur la balance. Les associées ramassent le poisson à tour de rôle, chacune faisant un tas devant elle, jusqu’à épuisement du stock. La non utilisation de la balance pourrait faire croire que le partage n’est pas équitable, pourtant Christine rassure : ” le mariage est bien, on parvient à avoir le bon kilo à un prix abordable. Personne ne prend plus que les autres”.
Autre curiosité de l’affaire, les propriétaires des poissonneries ne combattent pas le phénomène de “mariage”, pourtant leurs prix de vente en détail sont plus élevés, et leurs balances sont souvent soupçonnées d’être truquées!

Bernard K., employé dans une poissonnerie de la place explique que ces braiseuses de poisson sont les partenaires les plus fidèles des poissonneries. Ce secteur d’activités vit à 50 % grâce à ces vendeuses de nourriture. “Elles achètent en grande quantité chaque jour, nous écoulons vite notre poisson, et nous sommes à l’abri des avaries. Donc, nous ne perdons rien, au contraire nos recettes sont importantes “.
Au demeurant, le phénomène de “mariage” est un exemple de partenariat gagnant-gagnant pour tous les acteurs.
Vivement qu’il s’étende à d’autres secteurs d’activités. Peut-être les Camerounais arriveront-ils à atténuer les effets néfastes de cette inflation vertigineuse dans nos marchés. Ce qui serait tout bénéf pour les ménages.
Suzanne NDJANA